Le Professeur se présente comme un alphabet de 28 scènes pornographiques, respectueuses de la chronologie d'une relation amoureuse, que ponctue un dernier texte intitulé Fin. Vingt-neuf chapitres constitués, chacun, d'une seule phrase, où la répétition lancinante des sujets ("le professeur", "la jeune élève") et de certains mots ("l'âme", "bander") lie l'abstraction de la parole au très concret de la pornographie. Lui parle beaucoup, elle, baise, lèche la merde, allume et suce les amis et "son corps fait un trou d'éclat pâle dans la pénombre." Si leur relation émarge au registre du sadomasochisme (fouet, harnais, etc.), on remarquera qu'il n'est guère fait de violence au corps féminin. L'excès, le hors normes de cette relation-là a déplacé son enjeu vers la pensée, ou plus exactement, l'imaginaire, ce lieu de tous les possibles.