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Le Diable, l'amoureux et la photocopine
de Perrine Rouillon

Seuil,
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Le Diable, l
Le Diable, l'amoureux et la photocopine
de Perrine Rouillon
Seuil,
Poésie

Perrine Rouillon s'est inventé un alter ego de dessin : La Petite Personne. Précieuse compagne pour s'interroger sur l'existence.

Le bibliothécaire, le documentaliste, le lecteur rencontrent parfois quelques difficultés à classer un livre dans un genre bien précis. Certains ouvrages, en effet, revendiqueraient aussi bien la poésie que la prose, la nouvelle que le récit. Pour ce qui est du troisième ouvrage écrit par Perrine Rouillon, le problème ne se pose plus : désormais, en effet, on aura intérêt à créer le genre "Petite Personne" que l'on chargera d'accueillir l'ensemble de la production (trois titres à ce jour) de cette dessinatrice, de cette poétesse.
Le Diable, l'amoureux, la photocopine
nous présente, comme le ferait un recueil de nouvelles, quelques aventures de La Petite Personne, forme filandreuse dessinée où l'on reconnaît une tête, des bras et des jambes, mais où on voit bien plus de choses. Aventure est un bien grand mot, car cette figurine d'encre ne quitte guère la page blanche, et sait se tenir souvent immobile.

 

T.G.

autour du livre
La petite schizo

Perrine Rouillon s'est inventé une précieuse compagne pour s'interroger sur l'existence : La Petite Personne, forme filandreuse dessinée d'un cm de haut. Ici, les dialogues entre la figurine et sa créatrice tournent le dos à l'historiette pour aborder au philosophique. Il y a un passage, entre rationnel et rêverie, réalisme et idéologie, réalité et désir; dans une schizophrénie ludique. Alter ego de l'auteur et du lecteur, La Petite Personne avec sa charge de poésie, de tendresse, d'enfance, ouvre en notre intime de nouvelles perspectives sur l'existence. Un ouvrage inclassable.

L'auteur
Perrine Rouillon




L'éditeur
Seuil


Le genre
Poésie
 
Suite de l'article

La Petite Personne dialogue avec sa créatrice (et donc aussi un peu avec nous) dans une écriture manuscrite, il lui est répondu en caractères d'imprimerie. Ce va-et-vient accompagné d'une gestion très précise des espaces blancs, des rythmes, du silence confère à ces histoires une dimension poétique très forte. Il y a là un passage, entre rationnel et rêverie, réalisme et idéologie, réalité et désir; dans une schizophrénie ludique. À cela s'ajoute ici le contenu même des dialogues qui tournent le dos à l'anecdote, à l'historiette pour aborder au philosophique.
Ainsi Le Pari, deuxième histoire du recueil, débute par le souhait de l'auteur de voir La Petite Personne chanter ses louanges parce que, dit-elle, "c'est moi qui t'ai créée" Seulement voilà : La Petite Personne n'est pas croyante et va se livrer alors à démontrer l'inexistence de sa créatrice ou la nécessité d'en nier l'existence. Il est difficile de rendre compte ainsi de cet univers que rythment les apparitions sur la page blanche de La Petite Personne, ses petites mimiques, ses hésitations et ses silences. Alter ego intime de l'auteur et du lecteur, La Petite Personne avec sa charge de poésie, de tendresse, d'enfance, ouvre en notre intime de nouvelles perspectives sur l'existence.
La dernière scène est à la fois cruelle et magnifiquement drôle : la mort avec sa faux vient accomplir son travail sur La Petite Personne. Celle-ci avant de se sauver, appelle son auteur à la rescousse : "C'est pour toi". Restent alors sur la page la faucheuse et le silence de Perrine Rouillon.

Le Diable, l'amoureux
et la photocopine
Perrine Rouillon

Seuil
non paginé, 59 FF

Article paru dans Le Matricule des Anges Numéro 029 - janvier-mars 2000
© Le Matricule des Anges, ses rédacteurs et LeLibraire.com
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